Comment P.E.O.P.L.E. a rendu Anatole monomane* de l’art en entreprise

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* « celui ou celle qui est dominé/e par une obsession, une idée fixe » (cntrl)

 

moi aveugle

Les 7 et 8 juillet derniers s’est tenu le premier colloque P.E.O.P.L.E, Programme d’Etudes sur les Organisations Post-managériales et la Libération des Entreprise, à l’ESC Clermont. Deux journées très denses de découverte et de rencontres, où les chercheurs, les acteurs de terrain et les consultants accompagnateurs ont confronté leurs regards et leurs expériences. Je m’y suis rendue avec mon binôme Anatole, rentré discrètement et totalement incognito pendant ces deux jours (chut…).

L’ère de l’art en management

Depuis les témoignages et les études de terrain au sein d’entreprises qui travaillent à leur auto-libération jusqu’aux considérations véritablement philosophiques de certains chercheurs ou praticiens, une chose n’a pas manqué de sauter aux oreilles d’Anatole : l’art et ses pratiques ont réellement toute leur place dans la révolution managériale que nous vivons aujourd’hui.

Bien.

Notre pauvre Anatole a eu bien du mal à ne pas réagir à chaque intervention, révélant ce faisant sa monomanie déclarée : un manager et un artiste, c’est pareil. Les managers doivent devenir des manag’ærtistes.
Oui Anatole, on sait, tu nous l’as déjà dit.
Oui, les Bosons sont d’accord avec toi aussi, oui. Vous avez raison.

Et pourquoi les dirigeants et les managers devraient-ils devenir des artistes ?

De la difficulté de donner sa place à chacun

Libérer l’entreprise, c’est redistribuer la responsabilité.
Les leaders libérateurs/libérés/libres/démocrates parlent d’entreprises non hiérarchisées mais cependant très organisées, des entreprises qu’on pourrait dire fractales ou en toile d’araignée. Des entreprises où les hommes ne sont pas des exécutants mais des intrapreneurs responsables, où les idées ne sont jamais tuées dans l’œuf mais poussées à leur meilleur avant de laisser, éventuellement, la place à d’autres. Des entreprises où l’on procède par essai/erreur.

Et cela est difficile à faire.

Pourtant, certains le font, et très naturellement.
Mais effectivement, pas en entreprise.

Alors où ? Dans les arts collectifs.
Mis à part le chef de projet, l’initiateur -qui est donc le leader-, il n’y a pas de hiérarchie. Chacun est à son poste, totalement responsable de ce qu’il fait, payé pour apporter de l’eau au moulin, des idées, des contre-idées, des vetos qui seront éventuellement transcendés par les idées d’un autre. Chacun est relié aux autres par un bout de sa chemise, les nœuds de la toile d’araignée. Et tout le monde cherche. On essaie. On tente. On teste tout. Les idées ne sont parfois même pas énoncées, elles sont jouées d’emblée, mises en travail, « mises à l’épreuve de la scène ».

Ariane Mnouchkine, metteur-en-scène fort renommée, est capable d’arrêter une répétition pendant un temps indéfini parce que l’un de ses comédiens n’est pas assez présent au travail et empêche le collectif d’avancer. Car celui qui ne fait pas son boulot fait perdre du temps et de l’énergie à tout le monde. Du temps ET de l’énergie, de la motivation. Un élément qui ralentit le travail casse la synergie, il casse donc la magie de la création collective.

La responsabilisation de chacun, c’est ça.

Et pour tout vous dire, la question de la reconnaissance, c’est ça aussi. Mais nous en traiterons dans un prochain article.

Finalement, dirait Anatole, tout ce que les entreprises libérées travaillent à mettre en place (en tous cas, tout ce qu’elles communiquent) existe déjà dans les arts collectifs. En prenant le risque de devenir des artistes de leur entreprise, les acteurs de la sphère économique feraient des bonds de géant.

Cela nécessite de se reconnaître créateur. Se reconnaître, soi, créateur.
Mais si vous n’y croyez pas, ce n’est pas grave, Anatole y croit pour vous, et vous le prouve.